Vouloir et Devoir
J’ai appris que la vie n'est pas, à propos, ce qu'on veut mais plutôt ce qu'on doit ...Souvent, on passe son temps à décoder ce thème : « suit ton cœur », mais personne n'a jamais pris le temps d'expliquer où cela emmène. C’est pourquoi je profiterai pour vous raconter quelques aventures sur ce chemin.
Je commence avec une expérience que j’avais faite en neuvième. Je n’avais pas le cœur aux études. Après les cours, lorsque j'arrivais à la maison, je m’endormais, regardais la télévision, ou bien je faisais la lecture. Comme résultat, j'ai eu une moyenne de 4:98 pour le mois. Rien d’étonnant car" on récolte ce qu'on a semé ". Ainsi, ce n’est pas, à propos, ce que le cœur veut mais plutôt où vous le mettez, et selon ma feuille de route, il n’était pas dans les études.
De plus, il y avait un jeune homme que j'aimais bien. Il était respectueux, affectueux, galant, gentil : tous les adjectifs de madame Harlequin. Et voila, naïve comme moi seule, et pratiquant le “laisser aller”, mettant de côté toute réflexion, j’ai eu comme résultat l’analyse de la phrase "li pa vini". Grammaticalement, tout ce qui se rapporte au stress. Et logiquement, tout ce qui est subordonné à la stupidité. Ainsi, j’ai appris à ne pas confondre l’élan du cœur et le fonctionnement du cœur, ce qui ne bannit pas le bons sens. Au contraire, c’est plutôt l’union des deux.
Et ce sont là des anecdotes utiles car elles parlent surtout de notre façon d’être. Souvent, on décrit l’haïtien comme un être impulsif. Est-ce donc cela un compliment? Est-ce donc l’image que nous voulons montrer au monde? J’en doute assez fort. On laisse nos sentiments prendre le dessus, pensant que nous agissons selon notre cœur, et pourtant! Nos décisions devaient être réfléchies et calculées. Nous les haïtiens, nous sommes trop émotionnels. Pour n’importe quoi, nous sommes déjà vexés au point de sceller tous les chevaux du monde. Pourquoi cette fragilité? Pourtant il est écrit que le plus grand homme qui a vécu sur la terre était « lent à la colère et riche en bonté ». Mais, nous oublions qu’il y a des paroles qui ne se rattrapent pas et des actions qui nous poursuivront à jamais. Quelle mauvaise conception de se définir ainsi : « l’haïtien authentique est celle ou celui qui n’a pas peur de descendre sa pantalette au milieu d’un carrefour, de tenir des mots et gestes scandaleux sous les yeux d’une foule assoiffée d’amusement ». Mes chers amis, il n’y a pas de beauté dans la vulgarité… aussi rayonnants de beauté que nous nous croyons être, nous ne le sommes plus si nos paroles sont laides. Nous devons apprendre à freiner notre spontanéité à mettre dans le bol de l’autre. Pour une fois, au lieu de frapper notre estomac nous devrions frapper notre cervelle : peut être en lieu et place de colère grenouille, nous en sortirons des idées vaches.
En effet, personne n’est parfait. Mais nous serions médiocres si nous ne travaillons pas à l’être. Je suis certaine que vous connaissez cette phrase “ m ta di ou wi “. Or, certaines personnes ont toujours choisi de faire preuve de retenue, non pas à cause de votre joli visage, détrompez- vous, mais parce qu’elles ont tout simplement cultivé une sagesse qui est encore loin de nous, une façon de penser qui nous dépasse. Alors, prônons la tolérance et le bon sens. Faisons l’Harmonie entre l’intelligence et le Cœur. Nous ne serions pas le plus grand peuple du monde peut-être, mais nous aurions sûrement une vie bien meilleure que celle-ci. Si seulement on prenait le temps de considérer l’arbre au lieu du fruit…
Tres beau ton texte...!
ReplyDeleteC'est un texte bien soigné. J'applaudis des deux mains ce
ReplyDeletetravail exemplaire. T'es vraiment dotée d'une plume singulière.
Quant au contenu, j'aimerais simplement ajouter que la notion
de tolerance et du pluralisme, la maitrise de soi, l'importance de“garder-son-sang-froid” que tu prônes,c'est, pour la plupart, quelque chose qu'on atteint au fil du temps, ça demande pas mal d'exercices, c'est le fruit de la modestie et de l'humilité qu'on emploie au quotidien. Certains même arrivent à perfectioner cette vertu, je veux parler du Dalai Lama et de Nelson Mandela. J'sais très bien qu'on ne va pas tous être comme ces derniers, mais on peut commençer par l'amour et le pardon de son prochain (comme Dieu, lui-même l'aurait souhaité). Nul n'est parfait, au moins on a le pouvoir de raisonner, d'être conscient, d'agir rationellement. « Lorsqu'un homme ne raisonne pas avec sa tête, il réfléchit avec son estomac, surtout s'il l'a vide. » si je peux citer le grand Jacques Roumain.
Jean-Guy Dubois, Jr